Beaucoup de visiteurs arrivent à Rovaniemi en s’attendant à rencontrer la culture samie, et la ville ne les détrompe pas toujours. Il est utile de partir de ce que les Samis ont eux-mêmes mis par écrit, car le Parlement sami de Finlande a fait exactement cela.
Rovaniemi n’est pas sur le territoire sami
Le territoire sami en Finlande correspond au nord de la Laponie : les communes d’Enontekiö, d’Inari et d’Utsjoki en entier, et la partie nord de Sodankylä autour de Vuotso.1 Rovaniemi se trouve nettement plus au sud.
Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de Samis à Rovaniemi. Cela veut dire qu’un produit touristique à Rovaniemi qui se présente comme le mode de vie sami mérite un second regard, et qu’un voyage construit autour de la culture samie se situe plus au nord.
Ce que le Parlement sami appelle exploitation
En 2018, le Parlement a adopté des principes pour un tourisme sami responsable et éthiquement durable. Leur objectif principal est de mettre fin au tourisme qui exploite la culture samie et de retirer du tourisme les fausses informations sur les Samis.1
Deux notions de ces principes méritent d’être connues avant de réserver quoi que ce soit. La première est la tradition inventée : quelque chose de créé dans un but précis et présenté comme une coutume ancienne. Les principes qualifient le produit vendu aux touristes sous le nom de « baptême lapon » d’un des exemples les plus flagrants, une invention sans fondement dans la culture samie qui montre les Samis comme sales et primitifs. Dans la même catégorie, ils rangent l’« artisanat » importé à bas prix vendu comme sami, les histoires inventées pour le tourisme et présentées comme samies, les imitations du joik et l’association des Samis à des personnages de conte comme le père Noël. L’usage touristique du tambour, qui fait partie de la tradition spirituelle samie, relève pour eux de l’appropriation culturelle.3
La seconde est la tradition empruntée, une coutume prise à une autre culture et implantée là où elle n’a pas sa place, et l’exemple qu’en donne le Parlement peut surprendre les visiteurs de la Laponie. Il désigne les balades touristiques en traîneau à chiens, introduites en Laponie par l’industrie touristique dans les années 1980 selon lui, comme une tradition empruntée particulièrement dommageable et culturellement non durable, en fort conflit avec l’élevage de rennes dans certaines zones, et il affirme que la promotion du traîneau à chiens auprès des touristes sur le territoire sami devrait cesser. Son autre exemple est celui des constructions touristiques appelées igloos.3
Cette page ne prend pas de position propre sur ce point ; c’est l’avis du Parlement, exprimé clairement, et quiconque réserve un safari en huskies dans le Grand Nord devrait savoir qu’il existe.
